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Michèle - Au Coeur de Soi

Être en paix avec le fait de ne pas l’être…

Bonjour à Vous,

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de l’art d’être en paix avec le fait de ne pas l’être ! Parce que pour accéder à une véritable paix intérieure, il faut savoir s’accorder qu’assez souvent, nous ne sachions pas être en paix avec les situations émotionnellement exigeantes que nous pouvons être amenés à vivre. En tout cas, dans un premier temps.

Il est vrai que si ça dure un tant soit peu, il se peut que l’on s’entende dire : « Mais lâche prise ! » Et c’est bien ce que chacun de nous souhaiterait réussir à faire mais, ce n’est pas aussi simple.

J’envisage donc le lâcher prise plutôt comme un processus, qui peut être plus ou moins rapide en fonction des moments et des situations, comme une forme d’apprentissage qui va nous mener progressivement vers un état d’être plus paisible. Dans la dualité qui constitue notre état de « Lumière incarnée dans la matière », … d’humain donc… il n’y a pas de baguette magique. C’est un lent - mais sûr – chemin d’évolution pour revenir à ce haut niveau de conscience et d’amour qu’est l’unité.

Lorsque l’on nous dit : « Mais lâche prise ! » comme si c’était une évidence, c’est très culpabilisant, surtout quand on n’y arrive pas, justement…

Parce que non, ce n’est pas évident de lâcher prise sur ce qui nous occupe et nous « prend la tête ». Eh oui, souvent, c'est là que ça se passe. On procrastine. On tourne en rond là-haut. On cherche, on tourne, on vire. Notre mental est à l’œuvre et il exulte ! Il nous rajoute toutes sortes d’histoires à celle que l’on vit et qui nous ramène à une histoire du passé ! Nous sommes dans un moment de fort attachement au personnage et aux histoires qu’il se raconte sur lui-même. Et même si on lui demande à ce qu’il se taise, ce mental, que l’on tente de s’intérioriser autant que l’on peut, que l’on se met en situation de faire silence, pour que du silence émerge la voix de notre âme, eh bien, parfois… il ne se passe rien ! Rien n’émerge pour venir éclairer notre lanterne ! Ça peut être très, très énervant ! Et surtout très inconfortable.

Mais plus nous sommes dans l’attente d’un résultat, plus il se fait attendre… Même si on s’interroge sur ce que nous sommes en train de nous raconter au travers d’une certaine situation, les facteurs qui l’ont mise sur notre chemin peuvent avoir du mal à émerger.

Alors, le mieux, finalement, c’est de s’accorder de ne pas savoir faire dans le moment. Juste cela. Se mettre en paix avec l’idée que nous ne soyons pas en paix et que ça durera le temps que ça durera, c’est ce qui permet que la tension dans laquelle nous nous trouvons se relâche progressivement. C’est le tout premier pas à faire.

Et parfois, cela suffit. J’ai pu constater, avec l’expérience, que dès que je m’accorde de ne pas être en paix sur un sujet, de ne pas détenir la solution instantanément ou de ne pas savoir être à l’écoute de mon être supérieur, dans la détente que cela me procure, je peux m’autorise enfin à penser à autre chose, à faire autre chose, c’est là que des idées et des situations du passé me parviennent à la conscience pour m’aider à avancer, à libérer ce qui veut être libéré. Cela surgit comme des bulles qui remontent.

Il n’y a finalement rien d’autre à faire que de s’accorder de ne pas être en paix pour commencer à s’apaiser.

Dans ce début d’apaisement, il devient possible d’accueillir l’émotion qui est là. Juste l’accueillir, accepter qu’elle soit là. Accepter d’être en résistance, en colère, frustré.e., déçu.e, blessé.e, bouleversé.e, inquiet.e.  Accueillir l’émotion, c’est accueillir cette part de nous qui vient se raconter, se faire voir. Et si nous ne comprenons pas, intellectuellement, de quoi il retourne, ce n’est pas grave. Il est inutile de se dire : « Aaah, mon Dieu, je suis bloqué.e !! ». Inutile de se remettre en question de A à Z. Parce que ça peut nous faire aller très loin, jusqu’à remettre en cause notre place dans ce monde, notre utilité, notre valeur ! On est tous pareils !

À ce moment-là, nous ne sommes plus ni doux, ni bienveillants avec nous-mêmes. Parce que dans ce temps où nous nous fustigeons, où nous sommes en colère contre nous-mêmes, la bienveillance a disparu. Et en plus, cette colère risque fort de rejaillir sur notre entourage. Nos proches sont souvent, il faut bien le reconnaitre, les dommages collatéraux de nos luttes intérieures. Parce qu’on va peut-être avoir envie de les confronter, de les rendre responsables, d’être en désamour avec eux pour ne pas voir à quel point nous sommes en désamour avec nous-mêmes. 

Seuls la bienveillance avec nous-mêmes et l’accueil de ce qui se passe en soi peuvent nous permettre de trouver petit à petit la voie vers cet espace de paix qui existe, en soi. Le monde nous montre actuellement à quel point il est important que nous apprenions la paix justement. Et cela commence par apprendre à nous accepter, tels que nous sommes, là où nous en sommes. Et à se détendre.

« Il existe un curieux paradoxe : quand je m’accepte tel que je suis,
alors je peux changer. »
Carl Rogers

Et puis, il serait peut-être temps aussi d’accorder moins d’importance au fait que l’on vous reproche d’être tendu ou irrité. En d’autres termes, d’avoir moins peur que l’on vous reproche d’être tendu ou irrité, donc d’avoir moins peur de ne pas être parfait. Et si l’on vous demande ce qui vous arrive, peut-être que vous ne saurez pas expliquer ce qui se vit intérieurement sur le moment. Quand un travail intérieur se fait, on ne sait pas toujours ce qui se passe. Alors, le silence vaut peut-être mieux que n’importe quelle tentative d’explication tant que l’on ne s’est pas encore tout à fait compris soi-même ! C’est le meilleur moyen de s’embrouiller, d’embrouiller l’autre, et de partir sur une fausse piste et puis, au final, de se disputer. L’autre peut comprendre que le moment de l’explication soit retardé. C’est une simple habitude à prendre dans la relation, quelle qu’elle soit : de couple, familiale, amicale ou autre. « Excuse-moi, je me retire. Je reviens vers toi dès que je me suis accueilli dans ce qui se vit, là, en moi. » Ou « Je t’expliquerai dès que je saurai ce qui se trame en moi. »

Dans le silence d’une méditation, d’une balade en nature, d’une méditation en nature adossé.e à un arbre (mmhh ! Trop bien !), d’un moment créatif ou de jardinage, seul et dans le silence, notre Conscience va pouvoir faire remonter les informations. On en ressort, à la fois, bien plus serein, et en plus en sachant peut-être dire bien plus clairement.

Pour atteindre un état de paix véritable, il faut laisser le temps au temps. 
C’est votre temps, votre tempo qui est important. Respectez-le.

Accepter de ne pas être en paix, c’est accepter que l’on ne sache pas reconnaître où est le problème, sur le moment. Peut-être bien que c’est très énervant quand on est sur un chemin de reconnaissance du Divin en Soi, surtout quand on est d’accord pour prendre la responsabilité de tout ce qui nous habite. Mais peut-être qu’il nous est tout simplement difficile, dans le moment, de nous confronter à une vieille souffrance. À un vieux truc qui remonte et que l’on n’a pas encore eu l’occasion d’aborder ou qu’on n’a pas encore eu le courage peut-être. Parce que le courage ne vient pas toujours quand on le veut, mais quand on est prêt. Et c’est comme ça.

Plus je m’accorde de ne pas savoir encore, plus je peux m’apaiser et laisser la Vie en moi œuvrer de manière juste, au moment juste.

Ou alors, peut-être est-ce dû à une vieille (et mauvaise) habitude qui est si fortement ancrée que nous ne la voyons même plus. La situation que l’on vit vient la débusquer. Mais là aussi, il faut peut-être s’accorder un peu de temps pour réussir à la voir. C’est pour cela qu’il est si important d’apprendre à vivre « en conscience » et à observer ce qui se passe dans notre vie, au quotidien. C’est un apprentissage facilitant pour amener de plus en plus de clarté et d’authenticité dans notre vie.

Peut-être qu’en plus, cela touche le corps aussi. Ce corps, il nous reflète souvent plein de choses, en termes de modes de fonctionnement erronés, de conditionnements, de mauvaises habitudes. Écoutons-nous suffisamment ce corps ? La plupart du temps, non. Alors même qu’il est notre allié dans cette aventure. Râler parce qu’il nous fait vivre un désagrément n’est pas la meilleure méthode pour avancer vers plus de paix. Lui, il ne fait que relâcher une partie de la tension émotionnelle qui nous habite. Il vient témoigner de ce qui nous habite et que nous n’arrivions pas à voir. Entendre combien nous sommes dans une contraction vis-à-vis d’une situation, avec bienveillance et acceptation, c’est de cela dont nous avons vraiment besoin.

S’écouter, se respecter, être dans la bienveillance, la douceur, avec nous-mêmes, c’est vraiment tout ce dont nous avons besoin. À chaque instant. De même que rester dans la confiance que tout va bien se passer. Parce que l’amour se trouve dans cette écoute, dans ce respect, dans cette bienveillance et dans cette douceur. Et quand nous sommes dans cet amour-là, ça se passe bien, toujours ! Ça se termine bien, toujours.

Parce que tout est là, toujours, pour nous faire grandir en conscience, élargir notre vision de ce que nous sommes, véritablement. Retrouver la juste vision de ce que nous sommes véritablement.

Michèle
Que la Lumière soit,
Au Coeur de Soi
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